Skip to main content

Revue mensuelle des marchés - Composer avec le conflit au Moyen­-Orient

mars 27, 2026

Points à retenir :

  • Le pétrole est le principal moteur du marché : Les perturbations de l’offre ont fait grimper les prix, accentué les pressions inflationnistes et retardé les réductions de taux prévues.
  • La diversification est mise à l’épreuve : Les obligations et les couvertures traditionnelles offrent une protection moins uniforme, surtout en période de repli boursier.
  • Une rotation est en cours : Les secteurs technologiques dits de la « nouvelle économie » ont quitté la tête de peloton au profit des secteurs de l’« ancienne économie », qui se fonde sur des actifs corporels, un pouvoir de fixation des prix et des flux de trésorerie résilients.

Le conflit au Moyen-Orient demeure très préoccupant sur le plan humain. Pour les marchés, l’incidence a été une forte augmentation de l’incertitude, principalement en raison du risque de perturbation prolongée de l’offre mondiale d’énergie. Bien que les chocs géopolitiques ne soient pas inhabituels, cet épisode est particulièrement remarquable en raison de son lien direct avec les marchés pétroliers et, par conséquent, avec les attentes à l’égard de l’inflation et de la politique monétaire.

Le pétrole en tant que facteur dominant

L’événement le plus marquant en mars a été la flambée des prix du pétrole. La perturbation du transport par le détroit d’Ormuz, une artère cruciale pour environ 20 % de l’offre mondiale de pétrole, a créé un choc important sur l’offre. L’ampleur de l’évolution des prix du pétrole est importante non seulement pour les marchés de l’énergie, mais aussi pour le contexte macroéconomique dans son ensemble. La hausse des prix du pétrole agit comme une taxe pour les consommateurs, augmente le coût des intrants pour les entreprises et a tendance à faire grimper l’inflation globale.

Cette dynamique explique pourquoi les actions et les obligations ont éprouvé des difficultés simultanément. Les marchés boursiers prennent en compte le ralentissement de la croissance et le resserrement des conditions financières, tandis que les marchés obligataires s’adaptent au risque que les banques centrales doivent maintenir les taux directeurs à des niveaux élevés plus longtemps. 

 

 

Les couvertures de marché traditionnelles perdent de leur efficacité

Au cours du dernier mois, les marchés ont connu de fortes fluctuations dans l’ensemble des catégories d’actif, les investisseurs tentant d’évaluer à la fois la durée du conflit et ses conséquences économiques générales. Malgré la volatilité, les marchés boursiers mondiaux n’ont reculé que de 1,9 % depuis le début de l’année. Les actifs à long terme qui sont considérés comme des couvertures de portefeuille, comme les obligations et l’or, sont devenus moins fiables en période de tensions sur les marchés boursiers.

Par le passé, les obligations procuraient une stabilité fiable. En 2011, l’indice général des obligations américaines (É.-U.) avait progressé lors d’environ 80 % des jours de baisse du marché boursier. Ce lien s’est considérablement détérioré. En 2025, les obligations n’ont été positives que dans environ 45 % de telles séances. Il faut donc garder à l’esprit que la diversification fonctionne toujours, mais de façon moins constante, au moment où elle est le plus nécessaire.

Ancienne économie > nouvelle économie

Nous avons connu une longue période de domination des secteurs des technologies de l’information et d’autres secteurs de la « nouvelle économie » regroupant des entreprises axées sur les logiciels, les données et d’autres actifs incorporels dotés de modèles évolutifs et légers en actifs. Nous observons aujourd’hui de plus en plus de signes de changement parmi les meneurs du marché. La dispersion des valorisations entre les actions semble s’atténuer, avec un regain de momentum dans les secteurs de l’« ancienne économie », qui sont généralement négligés, comme les biens de consommation de base, les matériaux et l’énergie. Ces secteurs sont caractérisés par des actifs corporels, des flux de trésorerie durables et une bonne résilience dans des conditions économiques éprouvantes.

Cette rotation se produit parallèlement à une réévaluation importante dans le secteur des technologies de l’information, où les préoccupations concernant les dépenses liées à l’intelligence artificielle (IA), de même que les risques de perturbation et les attentes élevées ont entraîné un important repli. Les « sept magnifiques », par exemple, ont reculé, ce qui a comprimé les primes de valorisation à leurs plus bas niveaux depuis des années et ramené les ratios des titres des technologies de l’information aux normes historiques. Même si les perspectives de croissance à long terme des technologies de l’information demeurent intactes, le contexte à court terme reflète un marché plus équilibré, où les investisseurs récompensent de plus en plus la stabilité des flux de trésorerie et le pouvoir de fixation des prix, cherchant à voir au-delà des grandes sociétés technologiques et à saisir un plus vaste éventail d’occasions dans l’économie « réelle ».

Positionnement du portefeuille : ajustements calculés plutôt que changements de cap

Dans un contexte de volatilité sur les marchés alimentée par les manchettes politiques, procéder à d’importants changements dans le positionnement des portefeuilles comporte un risque important. Prévoir le moment d’une résolution macroéconomique ou d’un revirement soudain des meneurs du marché est extrêmement difficile.

Notre approche pour composer avec ce contexte est demeurée rigoureuse et fondée sur des tendances économiques observables plutôt que sur des spéculations géopolitiques. Nous ne cherchons pas à prédire l’évolution du conflit. Nous évaluons plutôt l’incidence des événements sur l’inflation, les taux d’intérêt et le comportement entre les actifs, et rajustons les portefeuilles en conséquence.

Du côté des actions, nous avons apporté de modestes ajustements pour tenir compte de l’évolution du contexte. Dans les portefeuilles d’actions canadiennes, cela s’est traduit par l’augmentation des placements dans les sociétés énergétiques intégrées et les exploitants de pipelines qui pourraient profiter de la hausse soutenue des prix du pétrole. Parallèlement, nous avons réduit la pondération des titres cycliques plus sensibles à l’économie et privilégié les sociétés affichant un profil des bénéfices plus stable.

Pour l’ensemble du portefeuille, nous continuons de privilégier une approche prudente à l’égard des obligations à long terme classiques. La hausse des taux obligataires a renforcé notre préférence pour les obligations et les prêts hypothécaires mondiaux à rendement élevé de durée plus courte, qui procurent un revenu tout en limitant la sensibilité à de nouvelles hausses des taux d’intérêt.

Nous conservons également notre exposition à une stratégie neutre au marché qui dépend moins de l’orientation des taux d’intérêt. Cette répartition a été financée à même les titres à revenu fixe classiques et a contribué à compenser une partie des pressions exercées par la hausse des taux. Depuis le début de l’année, cette approche s’est révélée efficace pour améliorer la résilience du portefeuille.

Fait important, nous avons commencé cette période avec une position équilibrée à l’égard du risque. Nous n’étions pas fortement axés sur l’appétit pour le risque, ce qui nous a permis de composer avec la récente volatilité sans devoir effectuer un repositionnement important.

La volatilité est attribuable à l’incertitude et non aux paramètres fondamentaux (pas encore)

Malgré les fortes fluctuations dans le secteur de l’énergie et l’accroissement de la volatilité, la conjoncture économique sous-jacente ne s’est pas encore détériorée de façon significative. Fait particulièrement remarquable, les prévisions consensuelles de bénéfices aux États-Unis ont augmenté au cours des deux derniers mois, dans la foulée du recul persistant de l’indice S&P 500. Est-ce que cela indique des perspectives exagérément optimistes pour les sociétés américaines ou une réaction trop pessimiste des marchés face aux facteurs extérieurs? La réponse dépendra de la durée et de l’ampleur du conflit. Compte tenu de l’éventail des résultats potentiels, la répartition de nos portefeuilles est conçue pour faire face à l’incertitude à court terme, mais aussi pour profiter d’un retour éventuel à la « normale », si l’on peut encore utiliser ce terme à notre époque.

 

Contexte historique : difficultés à court terme, résilience à long terme

Les périodes de hausse des prix du pétrole ont toujours été difficiles pour les marchés. La hausse des coûts de l’énergie tend à peser sur l’humeur des investisseurs, à comprimer les marges et à introduire de l’incertitude dans les prévisions économiques. Au cours des derniers mois, les rendements ont été en grande partie modestes, car les marchés ont dû digérer le choc.

Toutefois, les perspectives à long terme ont été globalement plus favorables. À mesure que les économies s’ajustent et que les contraintes d’offre s’atténuent, les marchés ont tendance à se stabiliser et à se concentrer sur les facteurs sous-jacents, comme la croissance des bénéfices et les conditions liées aux politiques. Par le passé, les marchés boursiers ont souvent affiché des hausses pendant les 12 mois suivant des chocs pétroliers similaires. Cela donne à penser que même si ces épisodes peuvent interrompre le momentum, ils ne font généralement pas dérailler les cycles de marché plus larges.

Cette perspective historique est importante dans le contexte actuel. Même si la volatilité pourrait persister à court terme, elle n’implique pas nécessairement un changement structurel dans les perspectives.

Banques centrales : retour à la vigilance à l’égard de l’inflation

Un autre événement important a été le changement de ton des banques centrales. La hausse des prix de l’énergie a réintroduit l’inflation comme principale préoccupation, retardant les attentes de baisses du taux directeur. Même si les décideurs maintiennent une approche attentiste, les perspectives d’un assouplissement de la politique monétaire se sont clairement améliorées. La question essentielle est de savoir si la hausse des prix de l’énergie se répercutera sur les mesures générales de l’inflation, en particulier les salaires et l’inflation de base. Le cas échéant, les banques centrales pourraient être forcées de réagir plus vigoureusement. Dans le cas contraire, elles pourraient considérer le choc comme un événement temporaire lié à l’offre. Pour l’instant, les marchés s’adaptent à un scénario selon lequel les taux d’intérêt resteront élevés plus longtemps.

En bref

Les marchés traversent une période d’incertitude accrue, les prix du pétrole étant le principal facteur de volatilité et de risque macroéconomique. Même si les récentes fluctuations des actions, des obligations et des matières premières ont été importantes, elles reflètent principalement une incertitude grandissante plutôt qu’une détérioration confirmée des paramètres fondamentaux.

L’orientation future dépendra de la durée des perturbations dans le secteur de l’énergie et de leur incidence sur l’inflation et la croissance. Un choc de plus courte durée permettrait probablement aux marchés de se stabiliser et de se concentrer sur les bénéfices et la résilience économique. Une perturbation plus longue poserait un plus grand défi et entraînerait probablement un autre repli du marché ainsi qu’une reprise plus longue.

Dans ce contexte, la rigueur est essentielle. Plutôt que de réagir aux manchettes, nous continuons de positionner les portefeuilles de manière à établir un équilibre entre la résilience et les occasions à long terme. La diversification, les ajustements sélectifs et l’accent mis sur les tendances économiques sous-jacentes demeurent l’approche appropriée tandis que les marchés traversent cette période d’incertitude.

 

 


 

Mentions juridiques

Le présent document, y compris les pièces jointes, est fourni à titre informatif seulement et ne vise pas à fournir des conseils juridiques, comptables ou fiscaux ou de placement. Ce texte n’a pas été rédigé pour s’adapter à chaque situation personnelle. Les lecteurs devraient demander conseil à des experts indépendants si nécessaire. Les points de vue, les opinions, les estimations et les prévisions que contient le présent document représentent l’avis de Gestion privée Connor, Clark & Lunn Ltée (« Gestion privée CC&L ») à la date de la publication et peuvent changer sans préavis. Certains renseignements contenus aux présentes se fondent sur des informations obtenues de sources tierces que Gestion privée CC&L considère comme étant fiables. Le rendement passé n’est pas une indication du rendement futur, les rendements futurs ne sont pas garantis et une perte de capital est possible. Cette publication est destinée exclusivement au destinataire et son contenu ne peut être utilisé, diffusé, distribué, reproduit ou copié de quelque manière que ce soit, en totalité ou en partie, sans une autorisation écrite préalable expresse de Gestion privée CC&L. Elle ne constitue ni une offre d’achat ni une sollicitation de vente de titres et ne doit pas être interprétée comme un outil de communication de vente.


The specified form no longer exists or is currently unpublished.

Catherine Dorazio
Managing Director
Business Development

Loading animation
Your Details

Restons en communcation

Abonnez-vous pour recevoir notre bulletin d’information électronique sur nos observations et rester branché sur Gestion privée CC&L.