juillet 10, 2026

Points à retenir :
- Les rendements boursiers se sont élargis, mais les meneurs demeurent concentrés.
- Les sommets soutenus du marché ne sont pas rares. La vigueur des marchés peut être inconfortable pour certains, mais les sommets sont une caractéristique normale des placements à long terme. La grande question est de savoir si les portefeuilles demeurent bien positionnés après une forte remontée.
- Les risques sont équilibrés et non unilatéraux. La concentration de l’IA, l’inflation persistante et les attentes élevées créent un risque de baisse, mais les excellents bénéfices, les mesures de soutien budgétaire, les solides marchés de l’emploi et les investissements de capitaux continuent de soutenir les marchés.
Les marchés boursiers ont connu une autre période exceptionnelle au cours du trimestre. Nous avons observé un élargissement des rendements boursiers dans l’ensemble des catégories d’actif, ce qui est un bon signe. Les actions mondiales à petite capitalisation et les actions des marchés émergents dominent depuis le début de l’année. Il n’y a pas si longtemps tous les rendements étaient concentrés aux États-Unis. À première vue, nous avons observé une vigueur généralisée et des rendements concentrés.
Les investisseurs ont continué de privilégier l’intelligence artificielle (IA) et les bénéficiaires de l’IA, qui ont mené la majeure partie de la progression du marché. Les gagnants ne sont plus les sociétés à très grande échelle fortes d’une mégacapitalisation mais d’autres sociétés de la chaîne d’approvisionnement de l’IA qui tirent d’importants revenus des dépenses des sociétés à très grande échelle. Au Canada, les banques ont fortement contribué au rendement du marché. 
Raison de faire preuve de prudence à l’égard des sommets des marchés?
À l’approche du milieu de 2026, certains investisseurs se posent une question familière : devrais-je être plus prudent lorsque les marchés approchent de sommets records? Cette préoccupation est compréhensible. Les marchés boursiers se sont fortement redressés, les sociétés liées à l’IA ont dominé en grande partie, et l’inflation demeure moins prévisible qu’avant la pandémie. Toutefois, les sommets atteints par les marchés ne sont pas en soi un signe qu’un repli est imminent. Il s’agit d’une caractéristique normale des placements à long terme.
Si la solution de rechange aux marchés élevés est de rester sur la touche, les investisseurs pourraient faire plus de mal que de bien. Le plus important est d’évaluer si vous avez la bonne pondération globale en actions ou si elle devrait être réduite afin d’investir dans un plus grand nombre d’obligations ou de placements non traditionnels.
Les sommets du marché sont inconfortables, mais ils sont courants
Investir près d’un sommet du marché peut sembler contre-intuitif. L’instinct naturel est d’attendre un meilleur point d’entrée, surtout après une forte remontée. Cet instinct est souvent alimenté par l’aversion pour les pertes : l’inconfort lié à un repli potentiel semble plus puissant que l’avantage de participer à de nouveaux gains.
L’histoire offre une perspective utile. Les marchés passent beaucoup de temps près de leurs sommets précédents, car les entreprises croissent, les bénéfices augmentent et les économies prennent de l’expansion au fil du temps. Un sommet boursier peut sembler un signe avant-coureur, mais il est souvent tout simplement le reflet d’une croissance à long terme.
Cela ne signifie pas pour autant que les marchés ne pourront pas se replier à partir de maintenant. Ils peuvent le faire. Mais en attendant le point d’entrée parfait, le capital à long terme peut rester sur la touche pendant que les marchés continuent de progresser.
Le risque n’est pas unilatéral
Il existe des raisons légitimes d’être plus prudent. Le commerce de l’IA est devenu un important facteur de rendement des marchés, ce qui signifie que des déceptions entourant les dépenses liées à l’IA, son adoption ou sa rentabilité pourraient créer de la volatilité. L’inflation demeure également un risque. Si l’inflation s’avère persistante, les banques centrales pourraient avoir moins de marge de manœuvre pour réduire les taux d’intérêt, ce qui pourrait exercer des pressions sur les taux obligataires, les valorisations boursières et la croissance économique.
Mais il y a aussi des risques à être trop prudent. Les bénéfices des sociétés demeurent très solides et les prévisions de bénéfices ont continué d’augmenter. Les politiques demeurent également favorables, en particulier grâce aux dépenses budgétaires. Les marchés de l’emploi demeurent solides, les consommateurs et les entreprises continuent de dépenser et les investissements de capitaux demeurent un important moteur de la croissance aux États-Unis.
L’IA fait partie de ce cycle de placement. Même si les actions liées à l’IA sont volatiles, l’expansion physique en est encore à ses débuts. Les grandes sociétés technologiques investissent massivement dans les puces, les centres de données, les réseaux, l’électricité et les infrastructures. Ces dépenses profitent déjà aux sociétés qui offrent la construction et contribuent à l’activité économique en général.
C’est la raison pour laquelle le contexte actuel est difficile à résumer comme étant simplement optimiste ou pessimiste. Les risques de baisse sont réels, mais les mesures de soutien en deçà du marché le sont aussi.
Les attentes comptent plus que le marché
Le niveau du marché a moins d’importance que les attentes qui l’entourent. Aujourd’hui, une part importante de l’enthousiasme des investisseurs est liée à l’IA. Les sociétés qui soutiennent le développement profitent des dépenses réelles qui sont effectuées aujourd’hui. La principale question est de savoir si les sociétés qui financent ces investissements obtiendront un rendement intéressant sur le capital qu’elles avancent.
Cette distinction est importante. Les thèmes peuvent rester solides pendant des années, mais les attentes élevées réduisent la marge d’erreur. Les marchés peuvent continuer de progresser si les bénéfices demeurent solides et que les investissements se poursuivent, mais ils peuvent aussi devenir plus sensibles à tout changement de narratif.
La vigueur des marchés exige la rigueur du portefeuille
Au milieu de l’année, le message n’est pas d’éviter les marchés parce qu’ils sont proches de sommets. Il faut rester attentifs à la façon dont les portefeuilles sont construits.
De solides bénéfices, des dépenses budgétaires, des investissements dans l’IA et une croissance résiliente ne soutiennent pas une approche trop défensive. Par ailleurs, l’incertitude entourant l’inflation, la concentration des meneurs et les attentes élevées ne militent en faveur de la poursuite de ce qui a déjà fonctionné.
Un portefeuille bien construit devrait tirer profit de la croissance tout en étant préparé à plusieurs résultats possibles. Cela signifie qu’il faut maintenir une exposition aux thèmes qui dictent les marchés aujourd’hui, tout en veillant à ce que les portefeuilles ne soient pas tributaires d’un thème, d’une région ou d’une trajectoire des taux d’intérêt.