août 28, 2026

Points à retenir :
- Les solides bénéfices ont propulsé les marchés boursiers vers de nouveaux sommets en août, mais les gains ont été inégaux.
- Les taux de rendement obligataires ont augmenté, car les emprunts massifs du gouvernement et les énormes besoins d’investissement dans l’IA ont augmenté la demande de capitaux.
- La demande d’IA demeure exceptionnellement forte, mais les données économiques deviennent plus incertaines.
Fluctuations de fin de mois : Bien que la situation générale en août demeure la même, certains événements survenus après la publication ont ajouté une nuance. Même si l’on s’attendait à ce que la Réserve fédérale américaine (Fed) conserve le statu quo, les propos de son président Warsh tenus à Jackson Hole, le vendredi 28 août, ont rendu la trajectoire moins certaine, les marchés anticipant une probabilité d’une hausse d’environ 65 % en septembre et une probabilité plus élevée d’au moins une hausse d’ici décembre. Parallèlement, les résultats de Nvidia et ses prévisions de revenus à plus long terme ont contribué à déclencher le rebond du secteur des semi-conducteurs, qui avait fait défaut pendant une grande partie du mois d’août, réduisant ainsi l’avance des logiciels au sein du secteur technologique, sans toutefois inverser complètement la tendance du mois. Même si ces fluctuations de fin de mois sont mentionnées, elles s’inscrivent dans le cadre plus large des nouveaux sommets et des obstacles plus élevés.
Les marchés boursiers ont atteint de nouveaux sommets en août, une autre excellente période de publication des résultats ayant soutenu les perspectives des sociétés. Parallèlement, les meneurs du marché ont changé. Le secteur des matériaux a été le plus performant, grâce à la hausse des prix de l’or, en raison de l’augmentation des inquiétudes concernant la dette des États-Unis (É.-U.) et de l’affaiblissement du dollar américain. Les technologies de l’information se sont également bien comportées, mais le rendement a varié considérablement au sein du secteur. Dans l’ensemble, les rendements des semi-conducteurs ont été plus modestes, tandis que les actions des logiciels ont fortement rebondi, car les bénéfices plus élevés que prévu ont apaisé les craintes que l’intelligence artificielle (IA) perturbe rapidement les activités de ces sociétés. Dans l’ensemble, il s’agit de revirements importants. Par ailleurs, les secteurs plus sensibles aux taux d’intérêt (comme les services aux collectivités et l’immobilier) ont tiré de l’arrière, car les taux obligataires ont continué d’augmenter.
Ces évolutions mettent en évidence les deux forces qui façonnent les marchés aujourd’hui. La hausse des taux de rendement obligataires augmente le coût du capital, tandis que l’IA continue de créer d’importantes différences entre les sociétés et les secteurs. Les bénéfices demeurent suffisamment solides pour soutenir les marchés, mais les obstacles pour les rendements futurs s’accentuent.
La hausse des taux de rendement obligataires ne se limite plus au seul contexte des banques centrales
Les taux de rendement obligataires à long terme ont continué d’augmenter en août, alors même que la Réserve fédérale (Fed) laissait son taux inchangé et que les anticipations d’un resserrement monétaire à court terme s’atténuaient. Normalement, cela atténuerait quelque peu la pression sur les taux. Au lieu de cela, les investisseurs se concentrent de plus en plus sur le montant de capitaux que les gouvernements et les sociétés doivent réunir. D’importants déficits budgétaires nécessitent d’importants emprunts gouvernementaux, tandis que l’IA, les centres de données et les infrastructures électriques stimulent une demande énorme de capitaux dans le secteur privé.

La décision du Trésor américain d’augmenter les achats d’obligations à long terme a accentué ces préoccupations. Le Trésor américain affirme que le programme vise à améliorer la liquidité du marché, mais l’annonce a été faite après que les taux à long terme ont atteint des sommets inégalés depuis des décennies, malgré l’absence de signes évidents de dysfonctionnement du marché. Selon les détracteurs, le fait d’essayer de gérer le niveau des taux risque d’occulter le message des marchés obligataires sans s’attaquer au problème sous-jacent : les déficits importants et l’augmentation des besoins d’emprunt.
Le message général est que la Fed n’est plus la seule force qui façonne les taux à long terme. En même temps, les gouvernements et les sociétés rivalisent pour obtenir des capitaux, ce qui pourrait faire grimper les coûts d’emprunt, même sans mesures supplémentaires de resserrement de la part des banques centrales. Pour les investisseurs, cela signifie un coût du capital plus élevé et une barre plus élevée pour les rendements futurs.
La demande d’IA demeure forte, mais les retombées restent incertaines
La demande d’IA demeure exceptionnellement forte, mais la trajectoire vers les bénéfices fait l’objet d’une surveillance plus étroite. On s’attend à ce que Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta investissent jusqu’à 750 milliards de dollars cette année, un montant qui n’a guère d’équivalent dans l’histoire si on le compare à la taille de l’économie américaine. Dépenser autant à ce rythme n’est logique que si l’IA finit par générer d’énormes revenus et flux de trésorerie.
Les risques augmentent. L’utilisation de l’IA et les revenus continuent d’augmenter rapidement, mais la concurrence s’intensifie et le coût d’utilisation des modèles de pointe a fortement baissé avec l’émergence de modèles moins coûteux et plus efficaces. Parallèlement, les entreprises développent d’énormes capacités informatiques et énergétiques, financées de plus en plus par l’endettement, alors même que les coûts d’emprunt augmentent. Si la demande n’augmente pas aussi rapidement que la capacité, les rendements sur ces investissements pourraient être nettement inférieurs aux attentes.
Cette situation ne mine pas le potentiel à long terme de l’IA, mais elle accentue la pression exercée sur les entreprises pour qu’elles obtiennent des résultats. La forte demande est de plus en plus évidente, mais les retombées restent incertaines. Les sociétés doivent maintenant générer une croissance suffisante pour compenser la baisse des prix, la hausse des coûts de financement et le risque de capacité excédentaire. Cela contribue à expliquer les changements importants observés au sein des chefs de file du marché dans le domaine de l’IA.
Ce que nous surveillons
En septembre, trois questions sont en tête de liste. Les taux de rendement obligataires à long terme restent-ils élevés même si la Fed reste sur la touche? Les revenus tirés de l’IA peuvent-ils croître assez rapidement pour justifier la hausse des coûts d’investissement et de financement? L’intensification des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis commencera-t-elle à peser davantage sur les investissements et la croissance au Canada?
Pour les portefeuilles, le risque le plus immédiat lié à la hausse des taux est une baisse des valorisations. Nous l’avons déjà observé dans certains segments du marché et nous nous attendons à ce que les valorisations demeurent un important facteur de rendement. Du côté des actions, cela renforce notre préférence pour les sociétés de qualité affichant de solides flux de trésorerie et un niveau d’endettement raisonnable. Dans le segment des titres à revenu fixe, nous continuons de privilégier les titres de créance et les stratégies de revenu diversifié par rapport aux obligations de base plus sensibles aux taux d’intérêt. Les stratégies de couverture peuvent également être particulièrement utiles dans des périodes comme celle-ci, car leurs rendements ont une faible corrélation avec les marchés publics.
Pour l’instant, les solides bénéfices continuent de soutenir les marchés et l’expansion économique, tandis que ces pressions restent maîtrisées. Nous disposons ainsi d’une position équilibrée qui nous permet de tirer parti d’une éventuelle poursuite de la hausse des marchés, tout en réduisant notre dépendance à l’égard de l’évolution d’un seul marché.