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Revue mensuelle des marchés de février 2026 - Rajustement de l’IA, incidence des tarifs douaniers et élargissement du marché

février 27, 2026

Points à retenir :

  • L’IA fait l’objet d’un rajustement : Qu’il s’agisse de titres des centres de données à très grande échelle ou des logiciels, les actions liées à l’IA font l’objet d’une réévaluation, car les investisseurs exigent des rendements plus clairs par rapport à la hausse des dépenses en immobilisations et réévaluent les risques de perturbation à long terme.
  • Le nombre de meneurs du marché s’élargit : Le capital délaisse les mégacapitalisations concentrées et sensibles à l’IA au profit de secteurs du marché moins liés au thème de l’IA.
  • Le risque lié aux tarifs douaniers semble gérable : La récente décision de la cour était largement attendue et, même si la politique commerciale demeure instable, les marchés considèrent actuellement que son incidence économique est progressive plutôt qu’importante.

Février a été caractérisé par un changement dans les meneurs sous-jacents des marchés mondiaux. Même si les données économiques fondamentales sont demeurées stables dans l’ensemble, la volatilité des actions liées à l’intelligence artificielle (IA) s’est intensifiée. De plus, la politique commerciale est redevenue une source d’incertitude à la suite d’un important jugement de la Cour suprême des États-Unis (É.-U.) sur les tarifs douaniers. Ensemble, ces forces reflètent un marché qui demeure sain globalement, mais incertain à court terme.

Les perturbations de l’IA

Les attentes à l’égard des placements liés aux installations d’IA à grande échelle ont fortement augmenté au cours des dernières semaines. Les prévisions actuelles de dépenses en immobilisations pour 2026 sont passées d’environ 592 G$ US à 737 G$ US, soit une révision à la hausse de 25 %. Cela représente une accélération importante des dépenses prévues et augmente considérablement les obstacles à la génération de revenus et à la monétisation nécessaires pour produire des rendements intéressants sur ces placements.

Fait important, cette forte hausse des dépenses prévues s’est produite au moment où les actions liées aux installations à grande échelle ont reculé. Malgré un engagement accru à long terme à l’égard des infrastructures d’IA, le cours des actions de plusieurs des plus grandes sociétés de plateformes a diminué depuis le début de l’année, y compris le titre de Microsoft qui a reculé d’environ 20 %. Les marchés semblent de plus en plus se concentrer non pas sur la pertinence des investissements dans l’IA, mais sur le moment adéquat et sur l’ampleur des rendements requis pour justifier de tels investissements. À mesure que les dépenses en immobilisations augmentent, la sensibilité aux valorisations augmente.

En raison de leur pondération importante au sein de l’indice S&P 500, la faiblesse de ces sociétés à mégacapitalisation qui sont les chefs de file de l’IA a actuellement une incidence démesurée sur l’indice. Après avoir alimenté une grande partie des rendements du marché au cours de la dernière décennie, les sept magnifiques ne font plus grimper l’indice de référence, ils le font plutôt reculer. 

 

Sélectivité de l’IA et positionnement du portefeuille

Cette dynamique renforce un changement plus général en cours au sein des technologies de l’information. Le leadership n’est plus uniforme dans tous les segments liés à l’IA. Aux États-Unis, le changement de cap dans les technologies de l’information a été marqué. Les sociétés de semiconducteurs, qui sont directement liées aux dépenses actuelles en infrastructures d’IA, ont inscrit des rendements supérieurs, tandis que les sociétés de logiciels ont tiré de l’arrière, les investisseurs se questionnant sur la durabilité de leur position concurrentielle. En effet, le marché, qui récompensait l’exposition générale à l’IA, fait maintenant la distinction entre les bénéficiaires de revenus à court terme et les entreprises qui font face à des perturbations structurelles potentielles.

Compte tenu de la rapidité de ce changement et de la faiblesse persistante des logiciels et des services aux entreprises, nous avons réduit l’exposition de notre portefeuille afin de gérer le risque de baisse. La sélectivité au sein de l’IA demeure essentielle. L’occasion à saisir est importante, mais l’éventail des résultats s’élargit.

Le rendement du marché s’élargit

Il y a eu une rotation claire des placements qui étaient concentrés dans les centres de données à très grande échelle liés à l’IA vers des secteurs du marché présentant une plus faible corrélation avec l’IA, soit des secteurs qui se comportent bien dans le contexte macroéconomique actuel. L’énergie, les biens d’équipement et les matériaux ont tous profité de ce changement. À mesure que les gestionnaires actifs réduisent leur exposition à la volatilité de l’IA à court terme, les capitaux affluent vers les entreprises liées à la demande de produits de base, aux investissements industriels et aux cycles économiques plus classiques.

Cette rotation contribue à compenser la faiblesse des secteurs sensibles à l’IA. Même si les principaux indices peuvent sembler relativement stables, d’importantes fluctuations sont observées parmi leurs composantes. L’ampleur du marché s’est améliorée, un pourcentage croissant de titres surpassant l’indice général. Il s’agit d’une bonne nouvelle après une période de concentration extrême.

Les écarts de rendement se sont élargis entre les régions et les capitalisations boursières. Les actions des sociétés à petite capitalisation et des marchés émergents se sont bien comportées, tandis que le Canada et les autres marchés internationaux ont surpassé le marché américain fortement axé sur l’IA. En bref, la faiblesse des titres liés à l’IA a été compensée par la vigueur observée ailleurs, car les meneurs de marché ont changé.

Décision sur les tarifs douaniers américains : incidence limitée sur le marché

La décision de la Cour suprême des États-Unis d’annuler les tarifs douaniers américains a été positive, mais a eu une incidence limitée sur le marché. Les investisseurs avaient déjà escompté la probabilité raisonnable d’assister à un revers juridique et, jusqu’à maintenant, les marchés considèrent l’annonce (et l’intention du président d’imposer des tarifs de 10 % à 15 %) comme une évolution progressive de la situation plutôt que comme un changement important dans les perspectives économiques. 

Selon les premières estimations, le taux tarifaire effectif moyen aux États-Unis pourrait diminuer d’environ la moitié. Pour l’heure, les tarifs de remplacement proposés sont temporaires et ils pourraient être prolongés ou modifiés au fil du temps, mais pour ce faire, des mesures juridiques ou législatives supplémentaires seraient nécessaires. Le graphique ci-dessous illustre ces changements pour les grandes économies à l’échelle mondiale.


Pour le Canada, l’incidence est modeste. Les marchandises conformes à l’Accord États Unis–Mexique–Canada (AEUMC) étaient déjà largement exemptées. Plus important encore, les tarifs sectoriels (qui incluent l’acier, l’aluminium, l’automobile, le bois d’œuvre, le cuivre et les biens connexes) demeurent en place. Ces secteurs sont plus importants sur le plan économique et continuent d’avoir une incidence négative sur ces industries.

Au cours de la dernière année, nous avons connu des périodes de tarifs douaniers élevés qui n’ont eu que de modestes effets sur la croissance et l’inflation. Cela dit, la politique commerciale des États-Unis demeure instable, de sorte qu’il est difficile d’évaluer son incidence finale sur l’économie. Bien qu’il existe d’autres moyens juridiques de mettre en œuvre les tarifs douaniers, leur portée, leur durée et leur viabilité politique sont incertaines. 

En bref

De façon générale, les marchés sont en train de se recalibrer, et non de s’effondrer. L’IA demeure un puissant thème structurel, mais les investisseurs exigent des preuves plus claires des rendements à mesure que les dépenses en immobilisations augmentent. Ce changement crée de la volatilité dans les principaux titres des technologies de l’information, tout en élargissant les occasions à l’échelle des secteurs, des régions et des capitalisations boursières. Le leadership devient plus équilibré, ce qui est sain après des années de concentration, mais exige plus de sélectivité et de rigueur.

l’information, tout en élargissant les occasions à l’échelle des secteurs, des régions et des capitalisations boursières. Le leadership devient plus équilibré, ce qui est sain après des années de concentration, mais exige plus de sélectivité et de rigueur.

Dans ce contexte, la diversification est plus importante que jamais. Nous composons avec un marché qui demeure généralement optimiste, mais incertain à court terme. Notre portefeuille d’actions mondiales à grande capitalisation continue de surpondérer l’IA, mais nous sommes devenus plus sélectifs et avons diminué cette surpondération au cours des derniers mois, en réduisant les centres de données à grande échelle et les infrastructures d’IA, car les dépenses en immobilisations augmentent tout comme l’incertitude à l’égard des rendements. Fait important, notre vision à long terme demeure inchangée. L’IA continue de représenter un puissant facteur structurel de croissance de la productivité et des bénéfices; la réévaluation actuelle reflète les questionnements liés au moment adéquat et aux seuils de rendement et non un désaveu du thème lui-même.

L’équipe a également procédé à des compressions plus importantes dans les logiciels et les services aux entreprises, car ces segments font face à un risque de perturbation plus élevé et n’agissent plus de façon défensive. Le produit de la vente a été réaffecté à des secteurs plus faiblement corrélés à l’IA qui sont liés à des facteurs économiques plus classiques. Ces secteurs comprennent l’énergie, les services aux collectivités et l’électricité, l’industrie et les biens d’équipement, ainsi que certains titres défensifs de grande qualité, comme ceux des télécommunications. L’objectif est de réduire le risque de concentration et de positionner le portefeuille de manière à ce qu’il puisse profiter d’un plus vaste éventail de facteurs de rendement, plutôt que de se fier à un groupe restreint de chefs de file de l’IA.


 

 

Mentions juridiques

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Catherine Dorazio
Managing Director
Business Development

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